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Les cobayes de l’expérimentation animale

Par Amélie B. le 08/05/2015

Je suis le chien que l'on a fait naître myopathe pour être le cobaye de traitements douloureux qui me font vivre un enfer quotidien.

Titulaire d’un master en biologie, comme pour beaucoup d’étudiants, la vivisection m’a été imposée durant mes études. Les dissections de grenouilles, de rats ou de souris sont très fréquentes dans les cursus universitaires, alors qu’il existe des modèles plastiques et de nombreux programmes informatiques pour étudier l’anatomie. Ces pratiques m’ont très souvent révolté et c’est pourquoi je tiens à présenter les raisons pour lesquelles je pense qu’il faut dire STOP à l’expérimentation animale.

Cette pratique existe depuis des centaines années et pourtant depuis près de 150 ans des gens se battent pour y mettre un terme.

Qu’est-ce que l’expérimentation animale ?

L’expérimentation animale consiste à tester des produits ou à simuler des symptômes et maladies existants chez l’homme sur les animaux afin d’anticiper les effets qu’ils pourraient avoir sur nous. Pharmacologie, cosmétologie, toxicologie, et médecine utilisent à ces fins « scientifiques » chaque année des milliers d’animaux.

Ces animaux ne sont alors considérés que comme des objets de laboratoire et subissent de grandes souffrances telles que la vivisection, l’injection de produit dans les orifices, la malnutrition, la mutilation, etc. Malgré la lutte des associations de protection animale, les laboratoires ne cessent de sacrifier des animaux au nom de la santé humaine.

Tous les points avancés par les pro-expérimentations animales sont contestés et contestables. Certains scientifiques s’opposent même à l’utilisation d’animaux (l’association Antidote par exemple) et préfèrent utiliser des méthodes de substitution.

Un exemple à suivre. Une bonne nouvelle pour nos amis les animaux (directive 2003/15/CE), depuis mars 2013, il n’y a plus de cosmétiques testés sur les animaux en Europe. En effet, depuis cette date il est impossible de mettre sur le marché Européen des produits ayant été testés sur les animaux ou des produits contenant des ingrédients ayant fait l’objet d’essais sur les animaux. Ces tests ayant déjà été remplacés peu à peu par d’autres procédés depuis 2009. Avant cette interdiction, c’était près de 9 000 animaux par an qui étaient utilisés par l‘industrie cosmétique en Europe.

Hors de l’Europe, se sont encore près de 20 000 animaux qui subissent des tests en laboratoire tous les ans.


Pourquoi les autres secteurs devraient suivre le même exemple ?

L’expérimentation, bien qu’ancienne, ne fait pas ses preuves. Le fait que cette méthode soit ancienne ne lui donne pas plus de crédit, au contraire. Certaines croyances ou pratiques ancienne sont aujourd’hui vus comme des absurdités (citons comme exemple l’esclavage). Au XXIe siècle, le scientifique Claude Bernard, qui a longtemps pratiqué l’expérimentation animale et qui souhaitait faire de la dissection d’animaux (vivants ou morts) une science à part entière, a fini par admettre que ça n’aurait pas d’intérêt. En effet, il en a conclu après des années de recherche que l’étude de la physiologie des animaux n’apporterait pas de connaissances utiles pour l’étude de la santé des hommes, sauf si on prenait en considération des mécanismes biologiques communs à tous, ce qui n’est bien-entendu pas le cas.

Pour connaitre les mécanismes communs, entre les humains et les animaux utilisés en sciences, il faut d’abord les observer chez les deux. Lorsque l’on teste un médicament sur un animal, cela nous donne comme seule indication l’effet de ce médicament sur cet animal, (ou bien sur son espèce, si on considère que les animaux utilisés sont représentatifs de leur espèce). Ces études ne nous donnent donc pas d’indication sur l’effet que le médicament pourrait avoir sur l’homme. En effet, en février 2004, le British Medical Journal a publié un article dénommé « Où sont les preuves que la recherche sur les animaux profite aux humains ? » et en a conclu que les expériences sur les animaux devraient être stoppées.

L’unique raison pour laquelle ces expériences sont faites sur les animaux est la « morale éthique » qui interdit de pratiquer certaines expériences sur l’homme.

Le nombre d’animaux transgéniques utilisés ne cesse d’augmenter depuis l’an 2000. L’application des 3Rs (affiner, réduire, remplacer / refine, reduce, replace) a permis une diminution du nombre d’animaux utilisés par les laboratoires. Cette règle des 3Rs a été élaborée en 1959 dans les laboratoires anglais, W.M.S. Russell et R.L. Burch, actuellement elle est appliquée en Europe et en Amérique du Sud.

Etant donné que ces statistiques sont données par les laboratoires eux-mêmes, il serait donc bon de savoir comment sont comptabilisés les animaux. Si un animal meurt juste avant le début de l’expérience et qu’il doit être remplacé, est-ce que les deux sont comptabilisés ? Si par erreur des femelles donnent naissance à des petits, ils seront sans aucun doute tués. Dans ce cas sont-ils pris en compte par les chiffres comme étant utilisé pour la recherche ? De plus si le nombre d’animaux diminue, l’utilisation d’animaux transgéniques ne cesse elle d’augmenter. Ces animaux génétiquement modifiés développent assez fréquemment des maladies très douloureuses pour lesquelles ils ne seront jamais traités.

Cependant, les 3Rs ne sont pas cautionnés par les chercheurs qui s’opposent à l’expérimentation. De leur point de vue, celle-ci ne doit pas diminuer, mais totalement cesser, car les résultats de ces recherches ne peuvent être transposés d’une espèce à l’autre et l’utilisation d’espèce transgénique est d’autant plus aberrante.

Les cobayes ne proviennent pas nécessairement d’élevages spécialisés. Pour les animaux les plus utilisés (les rats et les souris), il existe des élevages spécialisés, mais ce n’est pas le cas pour toutes les espèces. Par exemple, environ 2% des primates proviennent d’une capture en milieu sauvage. Quant aux chiens, il n’est pas rare qu’ils soient issus de vols ou bien d’élevages occasionnels.


L’utilisation de méthodes in vitro (en dehors de l’organisme vivant ou de la cellule) n’est pas suffisante mais… Il est vrai que de nombreuses substances et messages (telles que les hormones, les signaux nerveux, etc.) circulent dans notre organisme et agissent à distance, il est donc difficile de réduire l’étude de la physiologie à quelques cellules isolées. De plus, beaucoup de maladies, comme le diabète, sont dues à des dérèglements de boucle de régulation qui impliquent plusieurs organes de l’organisme. Il est donc nécessaire d’étudier l’organisme entier, mais ici le but est de guérir les humains : il faut donc étudier l’organisme des humains.

Les boucles de régulation ne sont pas forcément les mêmes d’un organisme à l’autre. Par exemple, il est impossible d’étudier une carence en vitamine C chez la souris, le rat ou le lapin, car ces animaux en synthétisent eux-mêmes, ce qui n’est pas le cas des humains. De même, le virus du sida n’affecte pas les chimpanzés, alors qu’ils réagissent comme nous face au virus Ebola. Bref, il n’existe aucune règle de comportement : les organismes de deux espèces peuvent réagir de la même manière ou bien totalement différemment.

Les médicaments pour les humains n’ont pas BESOINS d’être testés sur les animaux. La loi Européenne exige que tous médicaments ou candidats potentiels soient testés sur au moins deux espèces de mammifères pour prédire les effets qu’ils pourraient avoir sur les humains. A côté de ça, il est montré que les effets secondaires aux médicaments sont la quatrième cause de mortalité humaine dans les pays développés. Cependant, l’expérimentation animale ne permet pas de prédire tous les effets d’une substance sur les humains. Par exemple, le Vioxx, anti-inflammatoire retiré du marché après avoir causé 25 000 décès n’a pas d’effets négatifs sur les rats. Les résultats que l’on observe sur une espèce ne sont pas transposables à une autre. Ceci parait logique lorsque l’on sait qu’une espèce animale possède un ensemble unique de gènes, sélectionnés en fonction des contraintes de son milieu : les gènes déterminent les propriétés biologiques de chaque individu de l’espèce.

Il découle de ces deux observations que chaque espèce a des propriétés biologiques propres et qu’elle ne peut donc servir de modèle pour une autre espèce. La validation d’un médicament devrait donc se faire en fonction de résultats obtenus sur les humains seulement.

Tout d’abord, il faudrait tester la toxicité des médicaments sur des cellules humaines en culture. Si la substance est toxique sur les cellules, alors elle le sera sur tout l’organisme (l’inverse n’étant pas nécessairement vrai). Puis, suivant les résultats du premier test, il faudrait faire des tests sur des humains volontaires dans des conditions strictes d’essais cliniques. Actuellement, les essais cliniques existent et sont obligatoires. Lors de ces essais, les résultats montrent que, onze fois sur douze les volontaires souffrent d’effets toxiques non révélés par les expérimentations sur animaux. Dans le cas où les substances seraient d’abord testées sur des cellules humaines en culture, les volontaires seraient très certainement moins exposés aux effets toxiques.

L’expérimentation animale n’est pas nécessaire à la découverte de nouvelles thérapies. Beaucoup de découvertes faites à partir de l’expérimentation animale sont dues au hasard : les chercheurs ont souvent trouvé ce qu’ils ne cherchaient pas. Nous savons que la physiologie diffère d’une espèce à l’autre, alors pourquoi continuer à perdre du temps et à tuer des millions animaux pour comprendre des phénomènes chez eux et pour ensuite les vérifier sur nous, alors que nous avons les moyens d’étudier directement les effets sur les humains ?

Les plus grandes découvertes thérapeutiques se sont faites grâce à l’observation clinique (observation directe des symptômes) et l’épidémiologie (l'étude des facteurs influant sur la santé). Par exemple, c’est cette dernière qui a permis de découvrir les facteurs de risques des maladies cardio-vasculaires. Ces facteurs sont liés à notre environnement (le taux élevés de cholestérol, le tabagisme, la sédentarité, etc.) et n’affectent pas les animaux.

L’expérimentation animale ne permet pas d’augmenter nos connaissances sur l’espèce humaine. Effectivement, les expérimentations sur les souris permettent d’augmenter nos connaissances sur… les souris. Et oui, c’est logique ! Et la plupart des expérimentations faites sur celles-ci n’auront pas d’application pratique par la suite. La question que l’on doit se poser est la suivante : Doit-on tolérer la souffrance de millions d’animaux, pour le simple fait d’avoir des connaissances qui ne profiteront à personne ?

La publication à n’importe quel prix. La reconnaissance d’un chercheur dans la communauté scientifique se fait au nombre de publications dans l’année. Cette pression mise sur les laboratoires engendre la mort de nombreux animaux. En effet, beaucoup de chercheurs recommencent ainsi des expériences déjà faites en modifiant quelques détails et en les présentant comme innovante pour pouvoir publier à nouveau. Par exemple, en cancérologie, il suffit de tester une substance sur des souris de souche C3H pour montrer que celle-ci est cancérigène, en revanche si on désire démontrer que la même substance n’est pas cancérigène, on la testera sur des souris de souche C57B1. Ils justifient ces expériences en prétendant mettre au point des modèles d’animaux qui pourraient être utilisés pour tester des approches thérapeutiques. De plus, les laboratoires publics sont subventionnés par l’état, donc indirectement nous participons tous à l’existence de ces atrocités.

« L’expérimentation animale n’est pas un mal nécessaire, c’est un mal tout court » (Fondation Brigitte Bardot). Plus de 12 millions d’animaux sont sacrifiés chaque année au nom de la santé humaine. Et ce chiffre ne prend pas en compte pas les animaux tués pour leurs organes ou leurs tissus, ainsi que les animaux euthanasiés sans avoir été utilisés dans le cadre d’une procédure.


Les méthodes de substitutions.

Aujourd’hui, de nombreuses avancées scientifiques nous permettent de sortir du modèle animal : biologie cellulaire, toxicogénomique, bio-ingénierie, recherche in vitro, in silico, imagerie médicale… et ces méthodes sont parfois utilisées, mais encore trop peu. On peut citer par exemple le laboratoire de recherche « OCANTHEIS », spécialisé dans la recherche sur les cancers des voies respiratoires qui s’opposent à l’utilisation d’animaux et utilise des tissus humains prélevés lors d’opérations chirurgicales à la place.

Les réglementations.

Quelques points sur la réglementation en France :
  • La réglementation en vigueur (articles R214-87 à R214-137 du code rural en application de la directive 2010/63/UE) ne protège que les vertébrés (les poissons, les oiseaux et les mammifères) les insectes ne sont donc pas pris en compte. L’utilisation de primates est restreinte et celle des grands singes est interdite (sauf cas d’extrême nécessité sanitaire).
  • Les animaux ne doivent provenir que d’élevages ou de fournisseurs agréés. Actuellement, les élevages de primates prélèvent encore des animaux dans leur milieu naturel, mais à terme cette pratique sera proscrite. Les animaux domestiques errants peuvent être utilisés avec une dérogation.
  • Une expérience n’est légale que si elle est nécessaire et irremplaçable et qu’elle relève de la recherche en santé humaine ou animale, de la protection de l’environnement ou de l’enseignement supérieur ou professionnel ou d'enquêtes médico-légales. Le principe des 3Rs doit être dans tous les cas respecté.
  • L’anesthésie générale ou locale des animaux est obligatoire pour toutes les expériences qui pourraient entraîner des souffrances. Si les expériences sont incompatibles avec l’emploi d’anesthésiques ou d’analgésiques, leur nombre doit être réduit au strict minimum (une seule intervention douloureuse sur un même animal), sauf exception justifiée.
En Europe :
  • Seuls les vertébrés sont concernés par les réglementations (directive européenne 2010/63).
  • Le principe des 3Rs doit être respecté.
  • Les expériences ne sont légales que pour certains domaines scientifiques (la recherche fondamentale, la santé des hommes, des animaux et des plantes, la recherche agronomique, la protection de l’environnement, la conservation des espèces, l’enseignement supérieur ou technique, les enquêtes médico-légales).
  • Les états membres doivent encourager les méthodes alternatives.

Certains d’entre vous auront peut-être vu le reportage sur l’expérimentation animale diffusé sur France 2. Et à la vue de ce documentaire me diront qu’une femme paralysée a pu contrôler un bras mécanique grâce à des expériences faites sur des singes. A ceux-là je répondrai qu’effectivement, dans de très rares cas, les expérimentations permettent d’aider des humains. Mais j’ajouterai ceci : est-ce que le bien-être de quelques personnes (qui se comptent sur les doigts de la main) justifie la souffrance et la mort de milliers d’animaux ? Je connais mon point de vue sur cette question, à vous de vous faire le vôtre.



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