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Le trafic de chiens plus présent qu'on pourrait le croire

Par Amélie B. le 10/07/2015

Je suis la chienne malheureuse qui passe sa vie dans une cage à donner naissance à des chiots qui me seront directement enlevés pour être vendus.

Le trafic de chien est malheureusement au cœur de notre société. Il est facile d’y contribuer sans le savoir et c’est pourquoi nous avons décidé de traiter le sujet dans cet article pour que chacun de nous soit vigilant.

Certains d’entre vous ont peut-être vu le reportage d’Enquête Exclusive du 9 octobre 2014 sur M6, ou celui de 90 Minutes l’enquête du 2 juin 2015 sur TMC, même en voulant bien faire on peut faire des erreurs et je suis bien placée pour en parler.

Mon témoignage

Il y a 4 ans, à l’époque je ne baignais pas encore dans le domaine de la protection animale, j’ai voulu adopter un chien. J’avais craqué sur les chihuahuas, mais à l’époque impossible d’en trouver à donner et je ne voulais pas dépenser plus de 1 000 euros dans l’achat d’un chien, alors que beaucoup se retrouvent en refuge.

Un jour, ma mère et ma sœur ont rencontré une dame avec un jeune chihuahua, un petit mâle en pleine forme et tout à fait adorable. Elles lui ont demandé des informations et ont appris que ce chien lui avait été offert par sa fille et qu’il venait d’un élevage familial. Nous avons donc décidé de contacter cet élevage. Au téléphone l’éleveuse était très gentille et nous a expliqué qu’elle ne faisait pas ça pour l’argent, que c’était pour cette raison qu’elle vendait ses chiots si peu chers. Honnêtement, on a été conquis. Cependant, l’élevage était loin de chez nous, donc impossible d’y aller avant le jour de « l’adoption ». De plus, un problème d’appareil photo empêchait l’éleveuse de nous envoyer des photos… Donc nous n’avions que peu d’information sur l’élevage et le chien.

Je savais que le trafic de chien existait et je pensais être vigilante en me dirigeant vers un élevage dit « familial ». Je me doutais que les animaleries, celles du quai de la Mégisserie par exemple, vendaient des chiens qui ne venaient pas de France, l’une des récentes émissions de tv me l’a bien sûr confirmé.

Quelques semaines plus tard, j’ai ainsi fait plus de trois heures de route pour aller récupérer ma petite chienne, une femelle chihuahua toute blanche aux yeux bleus tenant dans ma main. Je suis tout de suite devenue raide dingue d’elle. Ce n’est qu’une fois rentrée chez moi, que j’ai réalisé que son passeport n’était pas français et que son certificat de bonne santé venait d’un vétérinaire slovaque.

Ma chihuahua a tout de suite été malade : diarrhée avec du sang, manque d’appétit, etc. Je l’ai emmené chez mon vétérinaire qui m’a certifié qu’elle n’avait pas 3 mois, mais à peine 1 mois et demi et que du coup les vaccins qu’elle avait soi-disant reçu n’étaient pas fonctionnel. Avec ma mère, nous avons voulu porter plainte contre l’élevage, mais la santé de ma petite était très instable et du coup nous n’avons pas pris le temps. Nous avons passé une année très difficile à enchainer les RDV chez le vétérinaire. Aujourd’hui, tout ceci est dernière nous. Elle est en bonne santé, mais présente des troubles du comportement liés à ses premières semaines en Slovaquie. J’ai appris, plus tard, que l’élevage en question avait fermé, car de nombreux chiens arrivaient gravement malades chez leur propriétaire et certains mourraient dans d’atroces souffrances.

Les élevages

Il existe beaucoup d’élevages malhonnêtes et les pratiques employées sont très souvent répugnantes. Ces prétendus éleveurs importent des chiens, principalement d’Europe de l’Est (Belgique, Slovaquie, etc.), de manière illégale. Ils les importent très jeunes, car plus faciles à vendre, dans de conditions qui laissent à désirer. Des vétérinaires peu soucieux falsifient les papiers et permettent à ses chiots d’entrer en France. Il faut savoir que la plupart de ses animaux proviennent d’élevage en batterie. Dans ses élevages, les chiens vivent dans des lieux nauséabonds et sont traités comme de vulgaires produits, les parents ne servent qu’à la reproduction et les chiennes mettent bas jusqu’à n’en plus pouvoir. Les chiots arrivent non identifiés ou avec une puce étrangère. Dans le second cas, ils seront dépucés et repucés avec une puce française. Si un chien possède une puce française cela ne nous assure donc en aucun cas qu’il est né en France.

Il faut savoir que sans l’aide d’un vétérinaire il serait très difficile aux « éleveurs » de légaliser ses chiots. Heureusement, les cellules anti-trafic sont de plus en plus vigilantes à ce propos et de nombreux élevages finissent par fermer.

La légalisation du trafic

Le fait d’importer des chiens d’autres pays d’Europe n’est pas illégal, à conditions que l’éleveur possède un certificat d’importateur. Il existe donc de nombreux élevages « français » qui vendent des chiens venant d’autres pays d’Europe et ce de manière totalement légale. Les conditions de vie des chiens, dans leur pays d’origine, ne sont pas forcément vérifiées et donc les chiens peuvent provenir d’ « élevage en batterie ». De plus, les chiots importés de cette façon sont censés avoir plus de 3 mois. Cependant les chiots de 3 mois sont parfois difficiles à vendre, car pas assez « bébés ». Il est donc très fréquent que les chiots arrivent beaucoup plus jeunes et que les papiers soient falsifiés. Il faut savoir aussi que même en France certains élevages pratiquent l’élevage en batterie.

Les animaleries

De même, les animaleries vendent des chiens provenant de France, mais aussi d’autres pays. Les chiens sont importés de façon plus ou moins légale et les conditions d’élevage dans les pays d’origine sont rarement acceptables. Durant longtemps la provenance des chiens n’était pas précisée et les chiens étaient vendus bien avant l’âge légal. Aujourd’hui, les animaleries sont dans l’obligation de préciser sur la vitrine le numéro d’identification du chien et sa provenance. Cette pratique rassure, mais n’exclue pas le trafic. En effet, dès lors que vous avez l’aide d’un vétérinaire, il n’est pas difficile de légaliser un chien importé illégalement. De plus, même si le chien est arrivé en France légalement, il n’est pas facile de s’assurer que ses conditions d’élevage étaient bonnes et que ses parents ne sont pas des machines à chiots.

Suite à l’émission sur M6 dans Enquête Exclusive certaines des animaleries des quais de la Mégisserie ont fermés et aujourd’hui seulement trois vendent encore des chiens et des chats. Les conditions de « vie » des chiens sont plus acceptables qu’avant, cependant les animaux sont toujours considérés que comme des produits. J’ai été voir sur place et j’ai demandé des informations au patron d’une des animaleries en me faisant passer pour une future acheteuse. Il m’a assuré que les chiens voyaient un vétérinaire avant d’être mis en vente et qu’il y avait une garantie sanitaire. Quand je lui ai demandé si les conditions d’élevage étaient vérifiées, il m’a dit qu’il ne fallait pas s’inquiéter et que même en France il existait des élevages où les animaux étaient maltraités. Personnellement, ses propos ne m’ont pas vraiment mis en confiance et je pense que les chiens vendus viennent souvent d’usines à chiots.

Il faut savoir que le trafic ne s’arrête pas aux chiens, ni aux animaux de compagnies. Chaque année, des milliers d’animaux domestiques et sauvages sont importés pour être vendus, de l’autre côté, des milliers d’animaux sont abandonnés. Aux mieux ils se retrouvent dans des refuges qui feront tout pour eux et au pire ils sont laissés pour mort.

Il faudrait que la société comprenne que les animaux ne sont pas des marchandises et que personne ne devrait en faire un business. Les vendeurs qui se servent des animaux pour gagner de l’argent et qui jouent sur la sensibilité des gens sont évidemment condamnables, mais ils ne font pourtant que répondre aux besoins du client qui veut absolument le chien le plus mignon, le plus petit et le moins cher. Sans acheteurs, ils n’y auraient pas de vendeurs et les dérives de ce système seraient aussi abolies.

Un animal n’est pas un objet de mode dont on se débarrasse lorsqu’il est dépassé, il faut en être responsable.

Chaque année, 100 000 animaux de compagnie sont importés illégalement en France et 100 000 chiens et chats sont abandonnés, cherchez l’erreur !



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